Réforme des rythmes scolaires
Morceaux choisis :
"Le ministre a fait le choix d’une importante concertation nationale. Il faut exiger la même démarche au niveau local, avec les enseignants, les personnels d’école, les parents d’élèves, les élus, l’académie, etc." Pierre-Yves Jardel, le 17 décembre 2012 Rapporteur à la commission Education-culture de l'Association des maires de France (AMF) siège au Conseil supérieur de l'éducation et participe aux réunions de concertation avec le ministère de l'Education nationale sur la réforme des rythmes scolaires.
« Il [le projet] prévoit un maximum de 5 h 30 de cours par jour, alors que, toutes les études le montrent, ce volume ne devrait pas dépasser 5 heures », Jean-Jacques Hazan, président de la Fcpe, justifiant l'abstention lors de la consultation du CSE le 8 janvier 2013.
L'avis du président des maires ruraux de France :
« Où les municipalités vont-elles trouver le financement ? Il faut des locaux, du personnel qualifié… », Vanik Berbérian, président de l'association des maires ruraux de France.
L'avis du Conseil Supérieur de l'Education (CSE) :
Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) est une instance consultative placée sous la présidence du ministre chargé de l’éducation nationale. Il comprend 97 membres représentants :
- les personnels : enseignants, enseignants-chercheurs, personnels d’orientation, d’éducation, de direction et d’inspection, personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service
- les usagers : parents d’élèves, étudiants, lycéens
- les partenaires de l’État dans l’action éducatrice : collectivités territoriales, associations périscolaires et familiales, grands intérêts éducatifs, économiques, sociaux et culturels.
Le 08 janvier 2013, elle a massivement rejeté le projet de décret sur les rythmes scolaires.
Le point de vue des chronobiologistes:
Conférence d'un chronobiologiste de François Testu :
http://www.youtube.com/watch?v=LSygyT2MlLE
Interview d'un chronobiologiste:
http://www.lepoint.fr/societe/interview-quel-rythme-scolaire-ideal-pour-les-enfants-14-06-2010-466584_23.php
Présentation sommaire de propositions sur l’aménagement du temps scolaire à l’école primaire à partir des données de la chronobiologie et de la chronopsychologie par Hubert Montagner :
http://www.eduquerensemble.fr/ewb_pages/a/article-conseil-scientifique-115.php
Le point de vue des syndicats enseignants:
LE SNUipp-FSU
http://www.snuipp.fr/Et-maintenant-sortir-par-le-haut
APRÈS LE 12 FÉVRIER
Et maintenant, c’est avec nous !
Pas de modification des rythmes, sans l’accord des conseils d’école. Le report à 2014 doit permettre de retravailler le décret et sa mise en oeuvre.
Tout aurait pu commencer par une bataille des chiffres. Le ministère annonçait vendredi 36% de grévistes alors que les inspecteurs censés transmettre les chiffres étaient réunis à Paris. Pour le SNUipp les déclarations préalables département par département faisaient état de 58% de grévistes. Et dans les faits, l’appel à la grève lancé par le SNUipp pour le mardi 12 février a été un réel succès. Écoles fermées, défilés... la plupart des villes de France ont été touchées par la mobilisation pour réclamer le report à 2014 de la réforme des rythmes scolaires.
Reporter la réforme des rythmes en 2014
« Nous demandons que là où les conditions de réussite de la réforme sont réunies, c’est-à-dire là où toutes les parties prenantes – enseignants, parents, élus - sont d’accord, on puisse y aller pour 2013. Mais nous estimons que cela concerne seulement 14% des écoles, preuve que la réforme n’est pas mûre » a déclaré sur France Inter Sébastien Sihr, le secrétaire général du SNUipp. « Partout ailleurs, le report à 2014 doit être systématique » a-t-il indiqué. Si le SNUipp reste favorable au principe de la réforme, il redoute qu’aujourd’hui, « la priorité au primaire » se réduise à la seule question de faire classe le mercredi matin ou pas. « Le ministre a braqué tous les feux des projecteurs sur cet unique aspect, mais toutes les questions pédagogiques attendues par les enseignants sont mises sous le tapis » a déploré le secrétaire général du SNUipp. Ainsi en est-il de la révision des programmes, de la révision des dispositifs d’évaluation des élèves, de la baisse du nombre d’élèves par classe, de la refonte de la formation initiale et continue. « La priorité à l’école primaire ne doit pas être qu’un slogan. Nous souhaitons que l’engagement soit tenu pour que l’école avance ».
Éviter l’enlisement en sortant par le haut
En résumé, le SNUipp ne veut « ni statu quo, ni bricolage ! ». Il estime « qu’à l’épreuve des travaux pratiques » les motifs d’inquiétudes ne manquent pas sur la réforme des rythmes. Quid des activités éducatives de qualité pour tous sur le temps périscolaire ? Qu’est devenu le rééquilibrage de l’année scolaire tendant vers une alternance de 7 semaines de classe pour 2 semaines de vacances ? Quant aux activités périscolaires développées sur le temps scolaire libéré par le raccourcissement des journées, la gratuité est devenue « facultative ». Pour le SNUipp qui constate « la déception de la communauté éducative », le décret sur les rythmes doit être réécrit pour être amélioré. Cela passe par une rencontre autour d’une même table des enseignants, des parents et des collectivités ; par la pérennisation des financements annoncés par l’État avec le fonds de 250 M€ pour 2013. Mais le SNUipp demande aussi la mise en place dès la rentrée 2013, d’une révision des programme avec la création rapidement d’une commission ad-hoc. « Il faut sortir de l’impasse, éviter l’enlisement car une réforme en échec, ou simplement fragilisée, risquerait de mettre en danger la priorité au primaire à laquelle nous sommes attachés », a martelé le SNUipp tout au long de cette journée d’action.
LE SGEN
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/02/08022013Article634958985572487968.aspx
Rythmes scolaires : Le Sgen demande que l'on traite "les problèmes concrets"
"Le problème est que le mercredi sans classe est la seule contrepartie tangible pour les enseignants à la dégradation silencieuse de leurs conditions de travail. La société française a ainsi acheté par des « vacances » une relative paix sociale dans ses écoles élémentaires au fur et à mesure que les moyens de fonctionnement y étaient supprimés. La difficulté vient de ce que la réforme des rythmes scolaires retire aux professeurs des écoles cette compensation sans qu'une amélioration de leurs conditions de travail soit encore perceptible." Frédéric Sève , secrétaire général du Sgen Cfdt, livre cette analyse du débat sur les rythmes.
Refus des 4 jours. Pour le Sgen il ne s'agit pas de rester à la semaine de 4 jours. Non seulement elle est épuisante pour les élèves et les enseignants, mais aussi elle " a fait perdre son sens à un métier qui repose fondamentalement sur le temps donné aux relations humaines, avec les élèves, les parents ou les collègues."
Traiter les vrais problèmes. Aussi pour le Sgen la seule façon d'avancer c'est de traiter "les problèmes concrets". " L'exemple le plus crucial est l'allongement de la pause méridienne souhaité par nombre de grandes villes", continue F Sève. "Cela revient à une augmentation du travail posté de nos collègues sans compensation, et souvent même sans possibilité d'utiliser ce temps pour leur travail personnel – les bureaux étant inexistants ou inappropriés, et les salles de classes occupées par les nouvelles activités. Les professeurs ne doivent pas payer d'une dégradation de leurs conditions de travail la rentabilisation de l'investissement municipal".
Documents pour une mise en oeuvre
Le Sgen Midi Pyrénées propose des documents pratiques pour comprendre les nouveaux rythmes scolaires. Pas moins de 50 organisations différentes sont proposées en respectant les termes du décret.
F. Jarraud
Le point de vue de la Fcpe:
La position officielle de la Fcpe est pour le moins scandaleuse. Elle avalise pour la rentrée 2013 et sans aucune critique la réforme telle quelle est aujourd'hui alors qu'elle s'était abstenue lors de la consultation du Conseil Supérieur de l'Education du 8 janvier 2013.
Dans la presse :
Rythmes scolaires. La communauté éducative rejette le décret
9 janvier 2013
Le Conseil supérieur de l'Éducation, une instance consultative, a rejeté, hier, le projet de décret sur lesrythmes scolaires, certains jugeant que le texte va trop loin, d'autres pas assez. Ce texte prévoit le rajout du mercredi matin en primaire en septembre2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014). Le gouvernement, qui se prévaut d'un dialogue renoué avec l'école, n'est pas tenu par l'avis de cette instance, qui réunit notamment syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves et collectivités locales. Le décret entrera en vigueur à sa publication au Journal officiel. Il demande aux communes de se déterminer avant le 1ermars pour une mise en oeuvre à la rentrée 2013 ou 2014.
Aucune voix des syndicats d'enseignants
Le texte a reçu uniquement l'approbation de l'Association des maires de France, de l'Assemblée des départements deFrance, de la Ligue de l'enseignement et de Jeunesse au plein air. Mais le projet de décret, qui doit concrétiser une promesse emblématique de François Hollande, n'a recueilli aucune voix des syndicats d'enseignants, ni des fédérations de parents d'élèves, qui se sont tantôt abstenues ou ont refusé de voter. La réforme prévoit d'étaler davantage les 24heures de cours hebdomadaires pour favoriser les apprentissages. Le ministre de l'Éducation, VincentPeillon, s'exprimera demain sur cette réforme, lors de la visite d'une école à Brest.
Mis à jour le 24/2/13 - 19 H 20
Selon les associations de maires, le gouvernement n’atteindra pas son objectif de faire passer la moitié des élèves de primaire à la semaine des quatre jours et demi dès septembre 2013.
Sept grandes villes de gauche ont déjà annoncé qu’elles reportaient à la rentrée 2014 l’application de la réforme des rythmes scolaires.
Alors que Lille s’achemine, elle aussi, vers un report, le ministre de l’éducation, Vincent Peillon, continue son tour de France pour tenter de convaincre les élus hésitants.
Le Conseil supérieur de l’éducation, instance consultative, a massivement rejeté mardi 8 janvier le projet de décret prévoyant un retour de la semaine de quatre jours et demi.
Désireux de prouver le bien-fondé de sa réforme des rythmes, Vincent Peillon visitera cet jeudi 10 janvier à Brest une école primaire qui expérimente déjà la semaine de quatre jours et demi. À dire vrai, le ministre n’a plus guère de chance de convaincre les partenaires éducatifs comme l’a montré, mardi 8, un vote aux allures de camouflet devant le Conseil supérieur de l’éducation.
Cette instance consultative a en effet rejeté, avec 5 voix pour (celles notamment de l’Association des maires de France et de l’Assemblée des départements de France), 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de vote, son projet de décret. Celui-ci prévoit un retour à neuf demi-journées de classe dès septembre prochain, avec la possibilité laissée aux communes de décaler jusqu’en 2014 la mise en œuvre de cette mesure, l’une des promesses du candidat Hollande.
Comment en est-on arrivé là, alors que la plupart des syndicats et fédérations de parents d’élèves dénonçaient, depuis 2008, la fin des cours du samedi matin, synonyme de journées plus chargées et de conditions de travail dégradées ?
MANQUE DE MOYEN DES COMMUNES
Au SNUipp, principal syndicat enseignant dans le primaire, qui a voté contre le décret, on se défend d’avoir joué un double jeu : « Une réforme demeure attendue et nécessaire. Mais pas n’importe laquelle », se défend Sébastien Sihr, son secrétaire général. « Rien ne peut contraindre une commune, surtout si elle n’en a pas les moyens, à mettre en place des activités culturelles et sportives sur le temps éducatif dégagé en fin de journée par la diminution du volume quotidien de cours.
Rien non plus n’oblige les municipalités qui proposeront de telles activités à le faire gratuitement. S’il s’agit d’imposer à une bonne partie des élèves un simple temps de garderie, qu’advient-il du bien-être et de l’épanouissement censés motiver le projet gouvernemental ? Une telle réforme creusera les inégalités », estime-t-il.
LES ENSEIGNANTS RÉCLAMENT UNE INDEMNITÉ
Arguant que les enseignants travailleront tous les mercredis matin avec les frais de transports et, éventuellement, de garde d’enfants en bas âge que cela suppose, le SNUipp exige aussi un effort salarial – alors que la rémunération des enseignants n’avait pas été diminuée, en 2008, lors du passage à la semaine de quatre jours.
« Nous réclamons une indemnité annuelle de 1 200 €, équivalente à celle que perçoivent nos collègues du secondaire pour l’orientation et le suivi des élèves. Nous aussi, nous assumons un surcroît de travail lorsque nous recevons les familles ou assurons le suivi des élèves en situation de handicap ! La réforme des rythmes doit être l’occasion de réduire l’écart de rémunération entre primaire et secondaire. »
LA FCPE S'EST ABSTENUE DE VOTER
Comptant parmi les plus ardents partisans d’un retour à la semaine de quatre jours et demi, la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, s’est, elle, abstenue de voter mardi. Aux yeux de son président, Jean-Jacques Hazan, le décret est trop timoré. « Il prévoit un maximum de 5 h 30 de cours par jour, alors que, toutes les études le montrent, ce volume ne devrait pas dépasser 5 heures », avance-t-il.
« On n’est pas très loin d’un point d’équilibre qui a vocation à être trouvé dans les jours qui viennent », a-t-on néanmoins analysé au ministère. Le décret sera examiné demain en comité technique ministériel et devrait être signé la semaine prochaine.
DENIS PEIRON
Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance consultative, a massivement rejeté, mardi 8 janvier, le projet de décret sur les rythmes scolaires. Le gouvernement n'est pas tenu par l'avis de cette instance, qui réunit notamment syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élève et collectivités locales. Le décret entrera en vigueur lorsqu'il sera publié au Journal officiel.
Le texte, qui prévoit le retour à la semaine de quatre jours et demi, avec le mercredi matin dès la rentrée 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014), a recueilli cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote, a précisé le ministère de l'éducation, sans détailler les votes.
Lire : Rythmes scolaires : le projet de décret pour la rentrée 2013
"INCOMPLET, BRICOLÉ ET INSATISFAISANT"
"Il y a des gens qui ont refusé de voter soit pour des considérations qui nous incitaient à aller plus loin, soit qui demandaient davantage d'informations, soit qui voulaient des choses différentes, ce qui nous laisse penser qu'on n'est pas très loin d'un point d'équilibre qui a vocation a être trouvé dans les jours qui viennent", a-t-on analysé au ministère.
"Le projet de décret a été désavoué par la communauté éducative", a déclaré de son côté Sébastien Sihr, du Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire, évoquant un projet "incomplet, bricolé et insatisfaisant". "Je suis plus que dubitatif sur la mise en œuvre concrète sur le terrain. On renvoie aux collectivités locales pour la prise en charge des nouveaux temps, sans aucune garantie à ce jour d'un périscolaire gratuit de qualité pour tous", a-t-il estimé.